Gastro-entérite mentale #1: Système d’aération

29 août 2008 par reverendvert

La pluie tombe
Hostie de tabernacle de calice
Prends moi dans tes bras Chantal
Fait vrombir mon cœur de bois
Et sache t’arrêter aussi
T’es fatigante quand tu t’y mets
Décrisse Chantal
Laisse-moi seul avec ma solitude de merde
Et cette pluie qui tombe
C’est comme la culture de masse occidentale
Tout en fracas et en trombes
Non, reste et déshabille-toi Chantal
Ne laisse rien sous tes sépales
Tu me fais bander comme un chien
J’ai envie de foutre ta vie en l’air
L’espace d’un moment terrien
T’as des belles fesses
Ça me fait penser à je ne sais plus trop quel film
Y’avait une actrice
C’était vraiment d’la marde
Bon Chantal, fait de l’air
Ah non, laisse donc faire
Je préfère quand les fenêtres sont fermées
Ça m’évite de m’y précipiter

Interview exclusive avec Bernard Derome !!!

29 août 2008 par reverendvert

 

Il m’est arrivé quelque chose d’incroyable hier : Bernard Derome est venu m’interviewer chez moi. J’étais en train de faire la vaisselle paisiblement, en écoutant du Janis Joplin quand soudain on tambourina à ma porte. Au début, je rechignai à aller répondre car je me disais que ça pouvait tout aussi bien être quelqu’un que j’attendais. Or, je n’avais envie de voir personne. Au bout d’un moment, quelqu’un cria : « Ouvrez, c’est Bernard Derome ! » En entendant le nom du célèbre animateur, je me précipitai à la porte. Janis protesta mais je lui dis de la fermer, ce qu’elle fit.

 

J’essayai d’être accueillant : « Salut Bernie ! Fais comme chez toi mon vieux. Veux-tu quelque chose à boire ? » Je lui donnai également une bine sur l’épaule, question d’établir entre nous une franche et virile camaraderie. Stylo au doigt, il m’expliqua d’un ton froidement journalistique qu’il était venu m’interviewer, ce qui refroidit aussitôt mes ardeurs. Nous nous installâmes donc dans le salon et il commença sa besogne :

 

- Alors ce blog ?
- Ça avance. J’en suis à ma troisième entrée.
- Qui traite de ?
- De la présente interview.
- Pourtant, il ne s’y passe absolument rien. Ma présence est tout à fait vide de sens.
- À vous de relever le niveau du contenu. C’est pour ça que je vous ai fait venir.
- Bon… dans ce cas je vous en pousse une bonne : qui êtes vous ?
- Bordel ! Vous y allez fort Monsieur Derome. Soit. Je suis un jeune homme dans la vingtaine avancée. Je ne suis pas encore un vieux con mais ça ne devrait pas tarder. J’ai déjà le Barbecue et le lave-vaisselle; le coupe-bordure et les nains de jardin devraient bien finir par suivre.
- Et votre innocence d’enfant ?
- Perdue. Fauchée par le temps. Je ne crois plus en rien. Je suis à plaindre.
- Vous ne croyez pas en l’amour ?
- Mais bien sûr que je crois en l’amour, sot ! En l’art aussi. Et je crois aux étoiles.
- Vous croyez encore aux étoiles ?
- Si, mais je ne les vois plus. Autrefois, elles perçaient le plafond du monde, comme les lucioles percent les soirées d’été. Elles me rappelaient que derrière ce grand décor de carton-pâte noir, il y a autre chose. Quelque chose de lumineux.
- Et aujourd’hui ?
- J’ai les étoiles dans les talons Monsieur Derome.
- C’est vraiment malheureux et ça me fout le cafard. Ça vous ennuie si nous vous coupons au montage ?
- Non, allez-y. Moi-même j’aime bien me couper au montage parfois.
- Très bien.

 

Bernard s’en retourna aux bureaux de Radio-Canada. Janis se remit à chanter: “Take another little piece of my heart now baby…” Je pus terminer ma vaiselle en toute quiétude.

 

Si vous avez écouté le Téléjournal hier soir, vous aurez sans doute remarqué que cette interview n’y était pas. Il s’agit en effet d’une exclusivité du blog, bande de veinards.

Rien à dire

28 août 2008 par reverendvert

 

Je n’ai rien à dire. Voilà qui suscite la curiosité n’est-ce pas ? Mais c’est vrai : je ne sais vraiment pas quoi écrire. Oh j’aurais des textes à coller ici, de la poésie, et bien d’autres chichis mais je trouve qu’il est trop tôt pour tout cela. L’heure est plutôt à la poignée de main, à la présentation de soi. L’heure est aux premiers bavardages et aux badinages, non aux grandes introspections.

 

Non, nous en sommes plutôt encore au temps du noir et du blanc, du langage sans couleurs, des formules neutres et étudiées. C’est le temps des « bonjour ! », des « comment ça va ? », des « bien et vous ? ». C’est le moment de disserter sur les aléas de la météorologie, de se dire à quel point monsieur la masse d’air chaud fait bien l’amour à madame la masse d’air froid à quelque part dans le ciel québécois.

 

Mais entre ces clowneries et ces tours de passe-passe, entre ces cabrioles de la civilisation, c’est surtout le temps de se renifler le péteux. De nos jours, les hommes n’ont plus cette bonne vieille manière de s’entre-humer l’arrière-train, comme le font souvent chats et chiens. Non, de nos jours, l’on préfère utiliser cette méthode plus civilisée des regards de biais. Furtifs coups de lunettes sur le décolleté de l’une, sur les biceps de l’autre. Jets de sourcils à peine perceptibles vers les trop grosses fesses de celui-ci, vers les trop gras cheveux de celle-là. Ça se jauge, ça se juge. Ça s’aime et ça se déteste. Ça se désire et ça se repousse.

 

Je n’ai donc rien à dire aujourd’hui. Mais parfois, ça peut être suffisant. Alors jaugeons-nous donc.

 

Vous allez bien ? Belle journée n’est-ce pas ?

Pourquoi un blog ?

26 août 2008 par reverendvert

C’est cliché et quelque peu ennuyeux, mais il me faut pourtant répondre à cette question. Ne serait-ce que pour moi-même.

Pourquoi un blog ? Parce que j’aime écrire et que je me suis dit que tant qu’à écrire, mieux valait en faire quelque chose de constructif. Je choisis de courir le risque de rejoindre certaines personnes, peut-être même de les toucher ou de les intéresser, si je peux me permettre cette pointe de prétention.

J’entends donc ici promouvoir la suprématie de mes goûts musicaux et cinématographiques, déverser de ma poésie, de ma prose; afficher mes trop-pleins de méninges et mes trouvailles web ou autres.

Je me suis permis une pointe de prétention plus haut mais en fait, je ne prétends à aucun talent quelconque. Seulement à une aspiration. L’aspiration d’écrire, et éventuellement d’être lu. Comme les personnes qui parlent veulent être entendues. Ça peut être de la merde, ça peut être vivifiant, l’important est que ça soit tout court. Et si ça n’était pas ici, ça serait ailleurs de toute façon, ne serait-ce que dans les dossiers solitaires de mon ordinateur.

Et puis le temps décidera bien de la pertinence de cette entreprise…